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Ecostudent dans Le Parisien du 13 Mai 2009 :

Elodie Soulié | 13.05.2009

Dis-moi quel est ton « bilan carbone », je te dirai quel protecteur de la planète tu es. Ce pourrait être l’une des devises de Paul, Nathan et Emmanuel, trois élèves de première année de l’école d’ingénieurs Supméca de Saint-Ouen. Trois jeunes de 21 et 22 ans qui viennent de créer leur association, Ecostudent et un site Internet, www.ecostudent.fr.
Avec eux, le « développement durable », c’est du concret. Leur premier projet visible s’élèvera d’ici à quelques mois le temps de le fabriquer au-dessus du petit parc de Supméca : un « traqueur solaire » de 16 m 2 , dont l’ensemble de panneaux orientables permettra de réduire sérieusement la facture d’électricité de l’école. « Il produira 2 500 kWh par an, expliquent-ils. C’est peu, quand on sait qu’une famille de quatre personnes consomme 4 000 kWh par an, mais c’est déjà ça. »

A la recherche de sponsors pour le traqueur solaire

Pour Paul, le déclic est venu du livre d’un spécialiste du développement durable. Avec Nathan et Emmanuel, ils ont lancé, en mars, cette association volontairement restreinte « pour être vraiment efficace ». « On ne dit pas assez aux gens ce qui va clairement se passer, sans parler des problèmes d’approvisionnement énergétique », insiste Nathan. « Les gens commencent à en prendre conscience mais le rythme est trop lent. Nous, on veut montrer qu’il est possible de changer des choses », assure Paul, plus confiant.
A Supméca, l’heure est déjà au bilan carbone. Les étudiants appliquent ainsi à leur groupe et à leurs camarades de promotion la méthode de calcul des émissions de carbone codifiée par l’Ademe*. Trajets, consommation d’électricité, de gaz, d’essence, chauffe et dépense énergétique des ordinateurs, repas et déchets quotidiens... tout est comptabilisé, évalué, puis « on traduit en équivalent de coût énergétique ».
« Le but sera d’améliorer ce bilan carbone d’année en année », expliquent les étudiants, qui prévoient de « faire des actions pédagogiques dans les écoles et les entreprises ». Des contacts prometteurs sont d’ailleurs déjà pris, notamment avec le proviseur du lycée Marcel-Cachin. L’établissement pourrait se mettre au bilan carbone, voire accueillir un traqueur solaire. Ce serait toutefois à long terme, car un tel équipement coûte cher. Celui de Supméca revient à environ 30 000 €, financés par l’école avec des subventions attendues de l’Ademe, de la région et autres fondations. Pour compléter le budget, les têtes bien faites d’Ecostudent n’ont pas de solution miracle : ils cherchent des sponsors.

* Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.

Le Parisien