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CCS (Carbon Capture and Storage)

Le CCS (Carbon Capture and Storage) est une méthode permettant de capturer le CO2 lors de la combustion de combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz) dans les centrales électriques ou dans l’industrie sidérurgique où le charbon sert à réduire les oxydes de fer présents dans le minerai.

Les enjeux

Si cette méthode en est encore au stade expérimental, elle est promise à un grand avenir dans les années à venir. En effet, malgré les idées reçues, 25% de l’énergie primaire mondiale  est encore produite à partir du charbon, énergie fossile la plus émettrice de CO2. De plus il reste encore de grosses réserves de ce dernier (contrairement au pétrole et au gaz dont les réserves commencent à s’épuiser sérieusement).

De plus si nous consommons ces combustibles fossiles en envoyant tout le CO2 dans l’atmosphère au rythme actuel, nous risquons de subir un bouleversement majeur de notre climat : Les scientifiques préconisent aujourd’hui une réduction des émissions de gaz à effets de serre par 2 d’ici à 2050 afin de « limiter les dégâts » (augmentation de la température de 2 à 3 degrés « seulement »).

La méthode

Le principe est simple : le CO2 émis par la combustion de combustible fossile est capturé par un dispositif (en général par injection du CO2 dans un liquide qui le dissout).

Le CO2 est alors compressé puis injecté dans des « réservoirs » ayant pour propriété de ne plus laisser échapper le CO2 stocké. Parmi ces réservoirs possibles on peut utiliser d’anciennes mines de sel, des nappes aquifères salines, d’anciens réservoirs de pétrole ou de gaz naturel (cas du site de Sleipner), et toute autre sorte de réservoirs géologiques étanches et profond (où le CO2 peut se transformer  en minéraux carbonatés. Le stockage sous-marin est assez controversé en raison de l’acidification possible de la mer et de son impact sur la vie sous marine.

Par exemple en France, les réservoirs possibles se situent dans le bassin parisien, bassin aquitain, bassin entre Montpellier et Marseille, en Mer méditerranée.

Les projets et installations

A ce jour, les seules installations de stockage de CO2 sont le site d’extraction de gaz, et donc de stockage de CO2, de Sleipner en Mer du Nord, celui de Weiburn au Canada et la centrale à charbon de Spremberg en Allemagne.


Mais de nombreux projets sont en cours d’élaboration, d’après le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) 3500 opérations équivalentes à Sleipner (1 Millions de tonnes de CO2 injecté par an) verront le jour d’ici à 2050.


Parmi eux, on peut noter les projets européens CO2Remove et STRACO2 et le projet de test du CCS dans une centrale à charbon de Jamestown (Etats Unis).

Limites et problèmes

Même si cette technologie s’avère indispensable, il existe de nombreux défauts.


Tout d’abord, cette technique n’en est encore qu’à un stade expérimental, et de nombreuses études notamment sur la sécurité de ce stockage (risque d’acidification du milieu, risques de fuite en cas de séismes…) restent à faire. (en France, le BRGM vient de créer une unité chargée de cette étude).


Cette technique n’est donc pas opérationnelle dès aujourd’hui. De plus, une fois commercialisable, il faudra compter un certain temps avant qu’un nombre conséquent de centrales s’équipe de cette technologie (plusieurs dizaines d’année).


D’autant plus que cette technologie a un coût : par le matériel à installer sur la centrale mais également par sa consommation d’énergie (entre 10 et 20% de la production de la centrale est consommée par le stockage du CO2). Or dans les pays en voie de développement (notamment la Chine et l’Inde) et les Etats Unis qui possédent beaucoup de charbon, cela peut représenter un frein conséquent

Le mot de la fin

D’après de nombreux articles de presse et les dires de nos hommes politiques, cette technologie « peut sauver la planète ». Il est incontestable qu’elle nous permettra de réduire nos émissions de gaz à effet de serre et qu’il faut porter un maximum d’efforts dans celle-ci.


Il est cependant bon de noter que cette technologie ne concerne que les sources d’émissions de CO2 concentrées qui représente environ la moitié des émissions (centrale à charbon, sidérurgie, fabrication de ciment…) mais ne résout en rien celles liées aux transports, aux logements, à la petite industrie etc.…


De plus les émissions de CO2 liées aux combustibles fossiles ne représentent que la moitié du problème (58 % des émissions mondiales), le reste venant de la déforestation, de l’élevage intensif et d’autres gaz.


Conclusion : cette technologie ne s’attaque qu’à un quart du problème (la moitié de la moitié) du réchauffement climatique. Il ne faut donc pas compter uniquement sur cette technologie pour atteindre les objectifs de réduction de moitié des émissions d’ici à 2050.

Pour aller plus loin :

page de Jean Marc Jancovici sur le CCS

page de wikipedia sur le CCS (trés complet mais en anglais)

projets GDF sur le CCS

rapport du GIEC sur le CCS (trés complet mais en anglais)

 

03 mai 2009